Plus d’un an après le début de l’épidémie de Covid-19, qui a produit des bouleversements dans toutes les sphères de notre vie, la santé mentale des Français·es apparaît durablement dégradée: en mars 2021, près d’un tiers de la population exprime les symptômes d’un état dépressif ou anxieux (enquête CoviPrev, Santé publique France).
En effet, en plus du caractère imprévisible et incertain de la période que nous vivons, les mesures prises comme le confinement et la distanciation physique ont conduit à un isolement social, un sentiment de solitude et d’inquiétude, un manque d’activités ou encore une consommation accrue d’écrans : autant de facteurs de risque connus de problèmes de santé mentale.
Plusieurs enquêtes nationales et internationales ont par ailleurs montré que ces risques liés à la santé mentale sont traversés par de fortes inégalités, les personnes dont les conditions de vie sont les plus précaires et se sont le plus dégradées étant davantage touchées. Les impacts ont ainsi été différents selon le niveau de vie, les conditions de travail et de logement des individus ou encore leur degré d’insertion dans des réseaux de solidarité.
Au niveau international, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a recommandé lors de son Conseil exécutif en janvier 2021 d’ « appliquer une approche globale au niveau de la société pour promouvoir, protéger et prendre en charge la santé mentale ».
Au niveau national, dès avril 2020, Fabrique Territoires Santé et Élus, Santé Publique & Territoires alertent dans un communiqué sur la « nécessité de donner aux collectivités territoriales une place déterminante » afin de faire reconnaître la place éminente du « local » dans la promotion de la santé. Parallèlement le Réseau national des centres ressources politique de la ville (RNCRPV) signale le risque accru pour les populations résidant en QPV et la nécessité d’agir pour renforcer leur santé mentale et leur bien-être psychique dans le cadre des réflexions nationales concernant le plan de relance.
Les Conseils locaux de santé mentale (CLSM), outils de concertation et coordination autour de la santé mentale d’un territoire, répondent à un double objectif :
- Celui de co-construction de réponses globales et transversales dans le domaine de la santé mentale : en associant élus locaux, acteurs de la psychiatrie et personnes concernées, l’action des CLSM vise essentiellement les déterminants sociaux et est centrée sur la promotion de la santé mentale et la prévention
Celui d’une action ciblée, notamment à destination des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV).